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  • : Slyeno : Elucubrations versatiles & caprices pop-musicaux.
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  • : Délires, hein?, conscients, incongrus d'un amateur érudit de (bon) son, adepte du mauvais goût, mythomane et pervers qui retourne sa veste à la première occasion; volubile au phrasé scabreux prenant des risques sans les assumer!

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Mercredi 29 juillet 2009
Festival de Dour, entre la théorie du chaos et la loi de Murphy. Il suffisait qu'une bande de clampins amènent leur réchaud à gaz pour leur premier festival et voilà qu'elle leur pète à la gueule. Bilan: deux brulés graves. Il suffisait que je choisisse d'y aller le lendemain, dans cette odeur anxiogène de souffre encore persistante pour qu'il pleuve à seau au moment de mon réveil, tandis que « Careless Whisper » de Georges Michael hurle dans mon radio-réveil à 6h pétantes! Tu parles d'un comble, j'avais juste envie de rester au fond de mon lit. La loi de l'emmerdement maximum donc...

 

Mais au delà de ce mauvais karma ambiant qui commençait à auréoler ma journée, je savais pertinemment bien que j'allais mettre les pieds dans la cour des miracles des festivals belges. Des filles à moustaches, des bonshommes de boue, des crêtes pourpres qui frétillent au son du breakcore,...tout ça dans un amas d'excréments hallucinogènes. Fear and loathing!

 

 

Et bien en fait, non! J'ai été assez scié par l'efficacité de l'organisation. Quinze minutes montre en main pour échanger mon précieux sésame agrémenté d'une dizaine d'euros pour me faire décorer le poignet du laisser passer pour une journée entière; dix minutes de plus pour trouver une clairière et installer notre bivouac. Fluidité, propreté,... Organisation quand tu nous tiens!

 

Premier groupe sur mon programme: Wash Out Test. Un gentil groupe de ska-punk west coast bien festif. Efficace et énervé juste ce qu'il faut et s'addonant à merveille au jeu de la cover improbable de Queen, risquée mais parfaitement maitrisée. Voilà qui me fait rester et rater Stuck In The Sound.

 

Premier temps mort. Rien de bien excitant jusque 18h, sieste du guerrier pour pouvoir assurer toute la soirée et toute la nuit. Je m'écroule dans ma tente sous les doux chants hargneux et alcoolisés de mes voisins de chambrée.

 

Réveil sur les chapeaux de roues, The Experimental Tropic Blues Band joue dans quelques instants. Ce qui est bien quand on part avec un gros a priori sur les « petits » groupes belges, c'est qu'on en ressort toujours gagnant. Soit en sachant qu'on avait raison de les snober jusque là, soit heureux de s'être fait retourner les oreilles violemment. Et c'est clairement ce qui s'est passé... Sur scène, deux connards majestueux, un frimeur qui joue au dandy distingué et une gueule de vicelard à la grosse voix de violeur d'enfants, dans le rôle des bluesmen déglingués et survoltés. De la cocaïne dans le whisky, la Louissianne passée à la râpe à fromage. Un set plus chargé sexuellement que Led Zep'. Pompon à poil sur scène. Un jack de guitare dans le cul. Une vraie explosion stoogienne. Le set terminé, j'ai plus qu'à me tirer de là et de m'asseoir sur mes esgourdes.

 

 

Remué, je file chez les Naïves New Beaters qui me font redescendre aussi sec! Une bande de branleurs consternants, suceur de hype au faux accent anglais à couper à la hache. Le nouveau boys band millésimé 2009. Je résiste... deux titres et je fuis.

 

J'ai plus qu'à attendre Bob Log III. Ça déménageait sec dans la petite maison dans la prairie. Costume doré direct from the Blue Oyster Bar, casque d'aviateur greffé sur la tête, une guitare plus vieille que Johnny Cash, deux pieds qui battent la mesure et voilà un hologramme cosmonaute de John Fogerty qui chante les zinzins de l'espace à la place de l'Iguane. Bob Log chante la poésie quotidienne, les nanas et l'alcool, dans un country blues décapant. Je rate malgré moi le final, deux paires de fesses sur les genoux de bon papa « Bob » qui durcit... le ton, mais je ne dois manquer sous aucun prétexte le prochain groupe qui passe au Club Circuit.

 

 

The Horrors et leur « Primarry Colours » que j'écoute en boucle en ce moment. J'attends, impatient, en me disant qu'ils ont intérêt à assurer parce qu'en ce moment, Crystal Castles me passe en dessous du nez. Et à cet instant précis, débarque une bande de freaks nonchalants, affreux épouvantails que Siouxie n'aurait pu renier comme étant les pires de ses déjections. De Robert Smith jusqu'aux Rasmus en passant par Brian Molko, ces gars là regroupaient les pires tares esthétiques de la musique populaire des vingt dernières années. Une bande de crétins coincés, des post-ados perturbés et immatures, incapables d'assurer leur propre balance son. Ils ne pouvaient pas avoir pondu cet album parfait, ce son totalement aboutit. Merci papa Geoff (Barrow des Portishead, à la production)! Et pourtant, ils maitrisent  leurs chansons, si bien qu'ils ont rejoué l'album note pour note ce soir là. Un mal pour un bien, ou inversement, c'est selon. Au lieu de profiter d'une relecture « live », on a profité d'une hifi grandeur nature. Trop lisse mais tellement puisant.

 

A la fin du concert, il me reste deux heures à tuer avant Aphex « God » Twin accompagné de Florian Hecker. Je voyage entre les différentes scènes. 5 Elements Of Hip Hop nous offre un aperçu encyclopédique de la culture hip hop, Jamie Lidell représentait la branche funk de chez Warp, Soldout portait haut l'étendard de l'electro-pop et Mr Vegas & The Thugz Band tissait une toile aux couleurs de la Jamaïque au dessus du public, pour le protéger de la pluie.

 

Minuit, l'heure du crime mais les bourreaux sont en retard. Une petite dizaine de minutes plus tard, ils prennent place , derrière un mur de matériel, enceintes, etc. Le public encaisse un set alternant boucles hypnotiques dansantes et pure folie expérimentale faite d'éclaboussures sonores et de coups de fouets auditifs. Une pluie de grêles sur les tympans. Une expérience totale vu la configuration du son, en dolby surround. Un bain de mercure grésillant noie le public sous les yeux des deux sorciers fous pendant une heure trente environs. L'égarement est général sur la plaine de la Last Arena.

 

Lessivé, j'ai erré plus d'une heure avant de me faire achever par Missil qui m'a broyé les rotules à coups de bpm (c'était ça ou se faire plomber la cervelle chez Venetian Snares). Une sauterelle sur un bâton de dynamite. Énergique derrière ses platines, elle à décapité la foule qui sursautait comme une poule sans tête, avec un set détonnant, éclectique et érudit.

 

 

Sur la fin, mon esprit divague et la fatigue accroche son enclume sous mes paupières, je voudrais m'endormir sur place, à même le sol comme si j'étais dans mon divan. Et c'est définitivement ce qu'est le festival de Dour, un festival où l'on se sent chez soi.

Par Slyeno - Publié dans : Live
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Mardi 21 juillet 2009
« L'homme s'avance sur scène, la salle se tait. Dans cette grande silhouette ombrageuse dessinée sur la tenture du fond, éclairée de bleu, c'est une aura englobant tout un imaginaire collectif qui nous apparait. A travers ce halo grisé, sous le chapeau de feutre, c'est le Chelsea Hotel, le Famous Blue Raincoat, Marianne,... qui nous resurgissent du plus profond de nos fantasmes. »



En gros, voilà comment j'avais anticipé la rédaction de cet article. Voir Leonard Cohen, c'était pour moi découvrir le vestige d'une génération libre et créative, non pas par nécessité mais par envie. Mettre une enveloppe physique sur une des références indiscutables d'une époque révolue mais tellement magnifiée. Pas de passéisme mélancolique, juste avoir le privilège d'être le témoin d'un témoin. Malheureusement, la réalité fait parfois de la résistance et se construit bien loin de l'absolu qu'on avait élaboré dans nos rêves les plus fous...

Première Surprise à notre arrivée, à peine le temps de se désaltérer en pensant, de bonne foi, que tout les concerts commencent forcément en retard, on rate le premier titre. Il est 20h pétante, aucune faute de timing. Seconde surprise en rentrant dans la salle, pas d'amoncèlement chaotique dans le parterre, juste un ensemble de têtes alignées qui créaient, vu d'en haut, une sorte de tapisserie kitch aux motifs géométriques. Tandis que la lumière du jour filtre encore à travers les lucarnes de la toiture, j'estime, à proche de la retraite, la moyenne d'âge de l'audience; en comptant le nombre d'écrans de téléphones portables allumés, occupés à filmer le spectacle.

Ajoutez à cela, un orchestre bien peu enclins à faire ressortir l'authenticité des morceaux et qui donne l'impression d'animer un thé dansant, des applaudissements diplomatiques d'un public qui nous montre à chaque classique incontournable du répertoire qu'il est dépassé par sa propre génération; notamment sur The Partisan, une vague impulsion réanime l'audience qui fait preuve d'un patriotisme particulièrement zélé et soudain (il est de bon ton d'être patriotique au souvenir de la seconde guerre) tandis que la magnifique Suzanne traverse la salle, pieds nus, dans une presque indifférence déconcertante. Les biens-pensants ont probablement des priorités morales que les esthètes n'ont pas...

Et cette cruelle conclusion m'assena le crâne comme une massue. Je réalisai que dans cette configuration, j'avais devant moi le Mike Brant d'une ancienne génération bohème qui aurait un peu trop serré sa droite au fil des ans.

Mais dans cette ambiance aux relents de naphtaline mélassée, un élément brillait, intemporel. L'homme! Élégant, touchant, humble, authentique malgré quelques mises en scène forcées (chanter le genou à terre était devenu un geste un peu trop récurent tout au long de la soirée), polisson lorsqu'il sortait de scène en sautillant, manifestant un réel plaisir d'être là et enfin, maitrisant parfaitement sa voix. Bien que loin du registre dramatique de Songs Of Love And Hate, elle est souple et domptée. Douce, comme un fruit qu'on donnerait en offrande. Avec l'âge, le feu s'éteint, pas la foi, pas la voix. Son histoire est derrière lui, digérée, il nous la susurre et nous emmène dans cette valse virevoltante qui berça la salle plus de deux heures durant. On appelle ça «la voix de la sagesse»...
Par Slyeno - Publié dans : Live
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Dimanche 21 juin 2009



Si y a bien une chose pire que de mal bouffer au restaurant, c'est bien celle de trouver de la bouffe acceptable mais tentante, à foison et pour pas cher. Résultat : lorsque mon appétit est vorace, j'annihile en moi toute conscience gastronomique afin de me laisser aller à mes plus bas instincts de prédateurs carnassiers, je me noie l'estomac à force de me flatter le palais et finis la soirée la tête dans les vapes et la panse dans les talons, jouant aux montagnes russes. Pour peu qu'on ait forcé sur l'apéro, c'est le retour assuré, estomac dépassé, foie fatigué, crane explosé... et le dégoût qui va avec. Radio Moscow, c'est bon, mangez-en ! Mais priez haut et fort mes biens chers frères, car l'indigestion vous guette. Bref les excès sont nuisibles, sachons-le.

On attendait depuis quelques temps déjà le successeur du premier album éponyme du duo bluesy-psychédélique originaire d'Iowa (bien qu'étant réellement un trio sur scène lorsque Keith Rich rallie le groupe derrière les fûts, en studio, le jeune Parker Griggs s'occupe de la guitare et joue également les pistes de batterie tandis que son comparse Zach Anderson tient la basse, ce qui, à mon avis est bien le signe d'un ego démesuré et risque de provoquer quelques surenchères de la part du bonhomme). Premier album donc produit par Dan Auerbach des Black Keys et distribué par Alive Records sur lequel sont également signés The Buffalo Killers, Brimstone Howl ou Hacienda par exemple. Sacré carte de visite me direz-vous.

Mais pour ce second album, ces deux jeunes présomptueux ont voulu se la jouer solo pour la production. Exit donc le grand manitou du revival blues qui gratte et qui dégomme, aussi bien les tympans que les synapses. Du coup, on est bien loin du son rugueux-binaire-racé que le groupe avait mis en place.

Brain Cycles, c'est un peu comme une petite soirée au mexicain, genre grande chaine internationale qui ne fait pas dans la dentelle, sauce au fromage figée sur vos nachos, le McDo des burritos et fajitas en somme. On sait qu'on a la dalle, qu'on boufferait la carte entière, même en commençant par la glace au mezcal. On commande, on dévore, on fait l'animal et puis... Et bien, malgré nous, on en ressort chaque fois en jurant sur tout les dieux de la terre qu'on n'y remettra jamais les pieds, écœuré. Sombres paroles d'ivrognes au final parce qu'on y retourne toujours...

Sans vouloir cracher dans le gaspacho, l'album est coloré certes. Dans une gamme qui s'étend du rouge tomate au rouge ketchup... Le son de guitare de Griggs est foutrement jouissif mais pollué de solos ampoulés, lourds comme du chili con carne, pâteux, préparé à l'huile de vidange. Même sort réservé à la batterie, ultra-dynamique et entêtante mais greffées de solos deeppurpeliens hasardeux et aussi écœurant que de la purée de guacamole noircie sous le soleil d'Acapulco. Mais bien loin de s'en tenir là, d'autres artefacts douteux ont été estampiller cet album déjà suffisamment boursoufflé. Des effets stéréos malsains, dignes des vieux 4 pistes d'Abbey Road, sont mitraillés tels des épines de cactus vénéneux - mirages assurés en plein désert en cas d'ingestion - et la voix, dans un énervement surfait, graille dans un fond de sauce de tabasco calciné. Mais le pire, c'est que cet album vous accroche comme une incisive sur un poing américain. Pas moyen de s'en passer et malgré la densité aberrante du son et la débauche technique des musiciens, on se le repasse encore et encore, jusqu'aux spasmes annonciateurs de reflux gastriques.

Considéré par beaucoup comme le meilleur guitariste du moment, ma main à couper que le gamin s'est un peu pris la pastèque et à voulu nous montrer qu'il avait des cojones. Pour sûr, il en a. Enlevez les tacos aux champis de l'équation et ceux là vous pondront un album parfait...

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Par Slyeno - Publié dans : Album
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Vendredi 15 mai 2009

On se souvient tous de la tentative avortée de Justice avec son mix évacué à grands coups de pompes dans la croupe par Fabric! Quoique je trouvais l'idée vachement audacieuse de mettre tout un chacun le nez dans sa merde en lui disant: « Nous savons ce que t'écoutes, nous savons que tu kiffes la vibe avec Julien Clerc et Daniel Balavoine, secrètement, au sortir de la douche et nous on va t'en foutre plein la gueule! »

 

Mais les monsieurs « Fabric » ont estimés que leurs clubbers n'étaient pas prêts à ce coming-out forcé...

 

 

Sur cette set-list assez grandiose, en plus du Rondo Veneziano, on retrouvait le cultissime et chatoyant tube, estampillé 80's, des mielleux Korgis, « Everybody's Got To Learn Sometimes », morceau utilisé à foison chez le electro-hardeux que j'écoutais quand j'étais gosse, genre Thunderdome et Cie mais aussi chez les frangins à l'entonnoir sur la tête de Radio Soulwax!

 

 



Et puis, pour une fois, on prend les choses au sérieux, avec une reprise burialesque de cette petite comptine mélancolique, pleins de tics et de cracks sulfureux. Passer du sucre au charbon n'est pas chose aisée, The Field a relevé le challenge sur son dernier album « Yesterday And Today ». On regrettera juste qu'il ne conserve pas le gimick vocal original qui donne son titre à la chanson!

 

 

 

The Field – Everybody's Got To Learn Sometimes


Par Slyeno - Publié dans : Song
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Vendredi 1 mai 2009
Dans toute l'histoire du punk, la scène new-yorkaise m'a toujours semblé être la plus vivante et la plus diversifiée.

 

Non que je n'aime pas les Clash ou autre Gang Of Four mais la grosse pomme à toujours apporté ce sens de l'inspiration arty dont la musique avait besoin pour s'élever au niveau de classique spirituel de notre patrimoine musical mondial. Loin de toute ces idées anarchistes anti-thatcheriennes de gauchistes naïfs, Television était plutôt, à l'instar de Patti Smith, un genre de revival romantique des valeurs du rock.

 

 

Bon ok, ces deux groupes sont loin de représenter l'ensemble de la scène du CBGB's mais à côté de la pop pas vraiment assumée des Ramones, de la futur veine disco-punk de Blondie, des cendres (toxiques) encore fumantes des New-York Dolls qui engendreront le sens parfait de l'auto-destruction ultime des Heartbreakers, on peut franchement estimer qu'ils SONT le punk de New-York!!! Bien que toute cette scène grouillante soit intimement liée, je l'accorde (Richard Hell quitte Television pour fonder les Heartbreakers -avec Johnny Thunders et Jerry Nolan, exs-New York Dolls- et ensuite The Voidoids, Tom Verlaine enregistre et couche avec Patti Smith, ce qui donnera Piss Factory, Fred Smith -pas le Fred « Sonic » Smith des MC5- quitte Blondie pour rejoindre Television, y a jamais que les Ramones qui restent entre poilus, dans un puritanisme incestueux plutôt stérile d'un point de vue créatif!).

 

Pour ce qui est du son Television: Une rythmique implacable, impeccable qui accroche les envolées électriques, les joutes à haute tension de deux putains de guitares d'exception, une voix déchirée et une grosse influence free jazz.

 

Vous allez ADORER!

 

 

 

Par Slyeno - Publié dans : Song
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